La politique n’est plus qu’un fait divers.

Ce texte a été publié dans un autre média où le choix de la catégorique est plus pointu. Il a été écrit pour montrer que classer un texte dans la rubrique « politique » n’est pas toujours un choix judicieux.

Depuis belle lurette, je me demande dans quelle rubrique classer mes petits papiers qui traitent un peu de politique.

Je choisis presque toujours « Faits divers » car la politique est devenue un vaste fait divers.

Jugez-en :

Chamailleries entre Copé et Fillon, Copé et Estrosi, Hollande et Martine, Hulot et Joly, ne sont que batailles de polochons.

Attaques plus musclées entre Fillon et Joly, verts et droite, droite et gauche comme à la boxe, Marine et le reste du monde, ne sont que bagarres de chiffonniers.

Devant cette chienlit, Ségolène toute gaullienne, ambitionne de rassembler à gauche et même plus, forte de son expérience des présidentielles… elle veut de l’ordre dans les troupes et pourrait bien sortir le fouet.

Sans parler évidemment de l’international où la guerre est carrément ouverte.

Là ce ne sont plus des bagarres de rues mais carrément des attaques aériennes, navales ou terrestres de grande envergure… la politique  qui parle d’hégémonie, de pouvoir, d’emprise sur les faibles.

La « vraie politique » de chez nous, se nourrit d’utopie, de « vous allez voir », « moi je vous dis »… bref de promesses jamais tenues car ce n’est jamais de leur faute si quelque entrave est venue contrarier les plans. Gouverner n’est plus prévoir mais espérer que la mondialisation se montre clémente.

Faire de la politique est un métier difficile devenu un art courant. On ne décourage plus, d’entrer dans la carrière, les rêveurs venus juste pour donner un coup de main et que l’on ne parvient plus à déloger. Quand on y prend goût, on s’accroche.

Pourquoi un Coluche, un Abbé Pierre, une mère Teresa, les ONG, les téléthons… ? Parce que l’Etat ne peut pas tout, certes, mais si les politiques étaient conscients de toutes leurs nuisances… Ils sont probablement conscients mais tellement atteints que le mal s’est installé.

Et pour confirmer cela, le porteur de bulletin du dimanche de scrutin vient cautionner cette mascarade. Il y a les convaincus, les dogmatiques, les sincères, les humanistes et beaucoup d’innocents les mains pleines… Et tous apprécient avec une satisfaction contenue, le doux rituel du préposé à l’urne : « A voté ! »

La démocratie est en marche, le dépouillement va nous en délivrer le contenu pour les cinq années à venir. Les clameurs vont s’élever dans les QG des vainqueurs, la tristesse envahir ceux des vaincus… après quelques jours réparateurs, les polochons voleront de nouveau et les chiffonniers seront de retour.

« Ils ont voté, et puis après… je cherche la moitié d’un cul à botter… Ils n’ont même plus d’cul les français… »

 Léo Ferré, c’était en 1968.

Et à l’adresse « des mecs des ministères » :

Mais p’t-être qu’un jour le Crucifié lâchera ses clous et ses épines
Sa rédemption et tout le paquet et viendra gueuler dans nos ruines
« Y’en a marre… Y’en a marre ! »
1961
Comment faire ?

 

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