Poussé par le vent.

Hier, Dieu était omniprésent sur les écrans de télé. Le célibat des curés faisait beaucoup parler. Faut-il prendre épouse ou rester fidèle à Dieu ? C’était la grande question. La réponse serait dans l’Evangile et un prêtre disait : « si j’ai femme et enfants, je ne pourrais avoir le même amour pour Dieu ».

Il avait raison, le bougre ! Dieu a tant besoin de cet amour, lui qui est au-dessus de tout, qui contient tout, qui voit tout sans attendre l’avenir pour savoir ce qu’il sera. Reléguer le Tout Puissant à des besoins qui sont ceux d’un simple mortel, semble, pour le moins, curieux.

Et si ce Dieu désespérément muet et invisible n’existait pas ? Si peu présent qu’on peut le voir partout à la fois. Le don d’ubiquité c’est bien cela : tout est indice lorsque rien n’est visible. En tous cas, s’il existe, il est bien le seul à savoir garder le secret, à ne présenter aucune impatience… peut-être a-t-il d’autres chats à fouetter, on se demande bien lesquels.

C’est au vivant que la mort fait peur. Lapalissade ? Pas du tout, on se prépare à vivre l’au-delà tant qu’il y a souffle de vie car on ne sait rien. On vit sa mort et son après, avant de mourir. Vais-je encore exister quelques temps dans le souvenir ? Que va-t-il se passer là où je vis lorsque je serai ailleurs ? Comment est cet ailleurs ? On vit son après vie lorsqu’on est encore de ce monde car l’autre monde est incertain… On fait nos affaires tant qu’on pense qu’elles sont encore nos affaires. La mort est une affaire de vivant. On peut encore s’arranger les choses, les penser, les rêver…

Quand l’âge vient, on connait la direction du vent. Pas besoin de mouiller le doigt pour savoir, il nous pousse. Il est brise légère, simoun, bise cinglante, bourrasque, rafales, tempête ou tornade. Du balai ! Allez, oust ! Allez, allez ! Rien à faire, mais rien du tout ! On fait semblant de ne pas y penser, on y va en pestant ou on accepte sereinement. Parfois on se place face au vent pour mieux l’avaler comme un oiseau courroucé se rebiffe, ouvrant le bec et menaçant : une vaine révolte. Allez file ! File, file ! Du vent !

Je suis le vent qui pousse. Le vent fougueux, gare à tes cheveux. Le vent violent, gare à tes dents. Le vent hardi, gare à ta vie. Le vent qui mord, le vent fort, gare à ta mort.

Regarde bien là-bas, il y a un trou noir. Les couleurs s’y perdent, le noir les avale toutes. Le vent s’est calmé, il n’y a plus de repères. L’obscurité. La vie est morte, aucune nouvelle… Et puis, une sortie et le blanc éclatant, le blanc qui aveugle ? Pourquoi toute cette mise en scène, cette scénarisation ? Temps perdu.

Je suis encore ici, au pays des contrastes, des nuances, du rire et des larmes et j’ai bien l’intention de profiter de la beauté des choses. Après, je ne sais pas, ce n’est pas mon affaire. En attendant, je vais au vent, je vais avec le temps… Quel dommage, de partir un jour, j’étais si bien, ici !

La mort peut attendre ? Non, elle n’attend pas, elle frappe à chaque seconde, à chaque fraction de seconde, là-bas, quelque part… Méfie-toi, elle n’oublie personne, elle court plus vite que la vie, plus gloutonne. Elle est furet qui cherche, qui est passé par ici et repassera par là.

Elle viendra quand elle voudra, comme elle voudra et nous emportera quand la vie sera morte.

Parler de la mort fait partie des choses de la vie. On en parle comme on perle des cerises ou du bal masqué ohé, ohé. C’est une manière de s’y préparer si elle arrive avec ses grands sabots au lieu d’attaquer par surprise.

 

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2 commentaires

    1. Bonjour Gaëtan.
      Cette vie, effectivement, à travers les choses de la vie, thème de mon blog, j’essaye de la mettre à toutes les sauces pour que la mort ne les gâte pas toutes et qu’il en reste un peu pour les autres… même après son passage implacable.
      Inévitable aussi. Jusque-là, je l’esquive mais l’entends qui ricane… Vade retro, pas tout de suite ! Qui sait où elle en est ?
      Bonne soirée Gaëtan.

      J’aime

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