Est-ce le client qui fait le commerçant ou l’inverse ?

L’idée de ce texte m’est venue en lisant les commentaires autour de « faut-il verbaliser les clients des prostituées ? »

La société de consommation est-elle allée trop loin ? Faut-il frapper les consommateurs au portefeuille pour les rendre à la raison ? Ou faut-il brider tout commerçant avide d’argent ?

On ne sait plus quel raisonnement tenir car toute action coercitive ou répressive est quelque part atteinte à la liberté. Cette chère liberté qui figure au fronton de la République Française. On ne peut pas crier liberté et chercher à vous en priver. Oui mais, dit-on, votre liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. Faut-il s’intéresser à la liberté de l’autre pour savoir où et quand commencera la sienne ? Elle se mérite non se décrète  et ça devient compliqué.

La liberté, contrairement à ce que l’on pourrait croire, est forcément encadrée voire très encadrée. Il faut chercher d’abord toutes les limites des autres pour connaître son propre espace de divagation. Finalement, ce que l’on appelle liberté n’est qu’autorisation. Jusqu’où suis autorisé à agir comme je l’entends, où sont les limites de mes envies ? Et là, liberté devient plus casse-tête que libre arbitre.

La vie en société est régie par des codes, le civil et le pénal. Une manière de construire la liberté de ne pas aller trop loin, la liberté est toujours restreinte, jamais libre. Cela parait simple et pourtant rien n’est plus difficile que d’inventer encore et toujours des lois pour que la société respire, jusqu’au paradoxe de nous priver de libertés pour que vive la liberté. Un paradoxe en apparence seulement.

Pour cela, le législateur doit se mettre parfois dans la peau de celui qui ne demande rien ou qui recherche le contraire de la bienveillance qu’on lui porte… Voler au secours de celui qui n’en demande pas.

Prenons le cas de la prostitution lorsqu’elle est consentie et non contrainte par proxénétisme. Si l’une -ou l’un- court après le plaisir de gagner de l’argent, l’autre paye pour un autre plaisir. Faut-il les protéger contre « vice de cupidité » et « vice de Cupidon sans amour » ? Frapper les deux parce que ce n’est pas bien de faire ça, d’un côté comme de l’autre ?

Fumer tue comme trop boire tue aussi… « Tu ne te tueras point à petit feu ou à brûlures d’estomac » pourrait presque constituer un commandement. La vie tue aussi et là on n’y peut plus grand-chose.

Bien sûr, j’exagère car le problème n’est pas si simple et si circonscrit. C’est la liberté de tous les autres qui est en jeu. Les incidences sur la santé publique, les dérives de la sécu… tout ce que la société va devoir subir en contrecoup. Lorsqu’on vit en symbiose ou en synergie, forcément, on tient compte du tout par lequel on existe.  

Finalement, le plus simple serait de supprimer tous ces slogans fallacieux au fronton des Républiques, Liberté : impossible sans ligoter, Egalité : où ça ? Fraternité : très peu aussi. On pourrait presque afficher pour être plus juste : « Nul ne sera tranquille s’il ne respecte les lois de la vie en société ». Voilà qui aurait le mérite d’être clair.

Alors, est-ce le client qui fait le commerçant ou le commerçant qui fait le client ? Une autre version de l’œuf et de la poule, sans doute.

Voilà bien un concept qui ne satisfera jamais personne car c’est toujours en franchissant toutes les limites que l’on se sent plus libre. L’homme est ainsi fait, plutôt faible que vertueux par nature. Si l’inverse était vrai, on se poserait moins  de questions.

C’est plus facile de déblatérer comme je le fais qu’agir dans la réalité, cette liberté-là n’a pas de prix et ne coûte rien à la société. Hélas on arrive à brider la pensée avec des médicaments, il ne reste que la liberté obligatoire de mourir un jour… et cette nécessité, nul ne peux nous la voler pour en finir avec les illusions.

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