Le diable et le bon dieu…

québecSur l’univers du web on y trouve diables et bons dieux. Sur les réseaux sociaux notamment. On y fait des rencontres par images et mots interposés sans jamais ou presque se rencontrer physiquement et cette absence de connaissance visuelle permet toutes les audaces.

Facebook est un révélateur de personnalités très efficace. Les gens se lâchent, s’abandonnent à leurs élans profonds. On y reconnait l’éternel insatisfait, l’agressif, le pédant mais aussi le serein, le posé, le simple…

L’idée de ce texte m’est venue d’une rencontre. Une canadienne qui avait sollicité « une amitié » facebookienne sur la recommandation d’un autre ami belge si je ne m’abuse. C’est le bon côté du réseau social qui vous transporte ailleurs, et je rangerais cette personne dans le camp des bons dieux.

Voilà quelqu’un qui écoute, qui propose, qui offre paroles et musiques, tableaux et clichés dans un souci de plaisir des oreilles et des yeux. Des offrandes toujours bien accueillies si j’en juge par les commentaires qui soulignent ses dons.

Ce matin, je lui envoyais un mot pour saluer sa simplicité et sa sérénité. Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer que sur cette toile se postait nombre de francs-tireurs comme des araignées à l’affût de la moindre proie à saisir entre leurs chélicères*. Histoire d’imprimer leur morsure dans un commentaire qui souvent ne leur est même pas adressé. Un besoin de dire pour dire ou de reprendre les propos de l’autre, plutôt que d’apporter un plus. Le ton employé souvent agressif à vous décourager de commenter à nouveau. On se sent désarmé parce qu’attaqué par surprise et si on n’a pas l’âme à polémiquer dans le vent, on s’efface. Très souvent, l’envie me prend de réécrire le contenu du « polémiqueur » en y mettant des formes pour démontrer l’inutile violence de la formulation. Généralement, ils n’ont qu’une vision partielle et partiale du message, cueillant le plus petit grain à moudre pour en faire un sac de farine et se prendre pour un meunier… à l’origine d’un bon pain.

Sur cette toile, il y a également des gens sympas qui savent exprimer leur désaccord avec courtoisie et intelligence.

Bien évidemment, pour respecter les contrastes de ce monde, que serait le bon dieu sans le diable ? Rien ! Alors, le jeu consiste à éviter de rencontrer trop souvent les « Satan » du web ou les ignorer car les palabres avec eux sont interminables et insupportables souvent.

C’était mon clin d’œil du jour, en passant par-dessus la Méditerranée puis survolant l’Atlantique pour atterrir quelque part au Canada… Salut Monique !

*Chélicères = crochets des araignées.

L’idée des hiboux devant le globe terrestre m’est venue du souvenir d’un enfant distrait qui n’entendait que la fin des phrases…

Un commentaire

  1. Merci beaucoup, Simon, pour ces réflexions qui me touchent infiniment. En effet, le cyberespace accueille volontiers ce binarisme d’opposition qui autorise un certain clivage entre les individus. Sur les réseaux sociaux, l’invisibilité se matérialise dans les propos avancés et souvent polarisés. Je vous sais gré de nommer aussi bien les nuances déclinées qui se trouvent souvent aux antipodes. S’il faut choisir son camp, je préfère nettement le regard lucide et incisif sans qu’il soit nécessaire pour autant de juger et de condamner autrui dans ses efforts pour atteindre un peu plus d’humanité. 🙂

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