En attendant de poser la pierre tombale.

sommeilCe texte fait suite au précédent, pour une fois.
Non, il ne s’agit pas d’une lapalissade car habituellement, il n’y a aucune chronologie dans la succession de mes textes. Le plus souvent, une inspiration à sauts et à gambades comme un cabri foufou qui s’agite dans tous les sens…

Je disais donc, en épitaphe, tel un César vaincu : « Je suis venu, j’ai vu et je n’ai rien compris ». Et puis, je me suis ravisé : je crois que j’ai compris un petit quelque chose.

J’ai compris que la vie est belle ; qu’en se levant le matin mieux vaut s’apprêter à passer une bonne journée; qu’il est inutile de pester contre la terre entière lorsqu’il nous arrive un ennui; que trop manger et boire nuit à la santé lorsqu’on est sédentaire; que la sécu va très mal et que son trou s’élargit pour mieux nous engloutir; que les médecins ne sont pas plus psychologues que vous et moi, qu’ils font ce qu’ils peuvent comme tout le monde; que la carte vitale, inventée pour sauver le système, retourne ses effets pervers pour agrandir le gouffre; que les médias sautent sur tout ce qui bouge dans le souci de vendre plus; qu’un gentil garçon qui entre en politique juste pour filer un coup de main devient un vieux briscard, y prend goût et ne veut plus lâcher le morceau; que le pape est comme le commun des mortels et n’en sait pas plus qu’un autre sur l’existence de Dieu; que tout le monde est humaniste à sa manière; que la lune est à portée de fusée; qu’il y a trop d’additifs dans les produits de consommation courante; que les voitures polluent; que l’homme est raisonnable mais, plus encore, déraisonnable souvent; que le réchauffement climatique va nous jouer des tours; que la nouvelle trouvaille le « graphène », matière carbonée à la fois très dure, souple, transparente et conductrice électrique va révolutionner les années à venir… ça fait beaucoup tout ça, et ce n’est pas exhaustif car j’ai passé sous silence les pires des maux qui nous assaillent. Finalement on sait beaucoup de choses, j’ai volontairement fait la part belle aux négatives, mais à quoi cela sert-il autrement que d’en faire une litanie ?

Et puis, il y a le savoir fondamental à la portée du commun des hommes : Chacun sait que le but de la vie est la mort.  On sait qu’on nait pour mourir mais on n’y croit pas trop. C’est le choc entre le savoir et le croire qui résiste, avec sa puissante capacité à leurrer permettant de vivre sans revenir trop souvent sur la question « Mourir d’accord, mais quand ? ».

Tous ces petits « quelque chose » font le quotidien. Les plaisirs comme les déplaisirs.

Connaître des choses de la vie en passant ici-bas, n’est déjà pas si mal… ne rien comprendre à la bascule laisse de l’espoir pour l’après-vie. L’absence de réponse à la question métaphysique du « Pourquoi ? », autorise la survivance du « Peut-être que là-bas, on saura ? » L’ici et maintenant se charge de répondre au « Comment ? », le « Pourquoi ? » est chargé d’espoir pour un monde d’après.

Ça aide à partir intrigué en se disant au-revoir et qu’on se reverra.

Mieux vaut un point d’interrogation au-dessus de la tête qu’une épée de Damoclès comme la certitude du néant qui tomberait le jour du grand départ. Nous parvenons au bout du chemin presque pleins d’espoir : après le mot « fin », l’écran devient tout blanc prêt pour un autre film, une autre histoire ?

La vie est un leurre monumental et l’homme cultive allègrement le mystère.
L’énigme reste intacte malgré les pierres tombales et toutes leurs épitaphes…

Les idées passent, l’homme trépasse, l’au-delà nous dépasse.

4 commentaires

  1. C’est bien de mettre des mots sur de pensées souvent fugitives que l’on esquive ou ressasse ou encore savoure selon que les jours sont pessimistes, dépressifs ou au plaisir de l’heure.
    A vous relire

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  2. Je crois que vous m’aviez inspiré. Souvent, on pense aux dépenses pour le service funèbre, mais jamais à ce que va être écrit sur la pierre tombale lui-même. Pour moi, il y aura quelque chose d’inspiration-elle pour mes enfants à lire afin qu’ils sachent que j’était content, et que la vie que j’ai vécue était parfait pour moi. Rien de trop long, mais quelque chose qui ne restera durant des longues générations.

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  3. Deux ans après, pas de changement fondamental à mon message d’avril 2014, outre que j’oublie toujours quelques « s » ici où là. Mais c’est ici hors sujet, bien que cela marque une belle constance qui n’est pas détériorée par le passage du temps …
    En outre, depuis, je suis passé aussi du vous au « tu ». Les fâcheux y verront un relâchement regrettable. Ce sera aussi hors sujet. Cela marque aussi que nos attitudes ne sont pas rigidifiées, à l’inverse exact des articulations.
    Tu l’as compris … à te relire, nous progressons avec constance.

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