N’est-ce pas ?

DSC_2360Comme vous voulez !
(Cliquer sur les images)

Le royaume de Facebook est censé être peuplé d’amis. Il y en a plein et il n’y a que cela. Pas un ennemi à l’horizon ou alors c’est qu’il est bien caché dans la peau d’un copain de toile.

Au fronton de ma page, si j’ose dire, une mésange bleue toute en couleur douce, apaisante, prévient gentiment : « Qui entre ici, s’amuse ». C’est clair et reposant. Alors, je m’amuse, je fais le petit fou qui joue à détourner des images en cherchant le côté loufoque, décalé. Je balance une vanne à propos du mimétisme, d’une plante exhibitionniste, bref, je n’avance que des légèretés en me postant sur la branche du deuxième degré, le plus souvent.

La particularité de ma page est, je pense, de n’avoir demandé personne en ami. Au début, je pensais que tout le monde pouvait voir mes images en mode « public » et que cela suffisait. Les demandes sont arrivées et j’ai pratiquement toujours accepté sauf quelques cas suspects de jolies créatures en quête de pigeons pseudo-partenaires. En l’occurrence, je n’aime pas le virtuel sans renier le fantasme. Une seule fois, j’ai été piégé par un ami bien intentionné qui m’a mis en contact avec un de ses amis pour que je le devienne aussi. J’ai accepté par sympathie, cela ne m’a apporté que du silence. Le silence complet et absolu. Je ne lui en veux pas, c’est ma faute, ma très grande faute, il a été « forcé » comme moi de prendre pour ami un illustre inconnu. Notre gentillesse nous tuera.  Je crois, tout de même, qu’il m’arrive avec mon stock impressionnant de photos d’en poster quelques-unes qui émeuvent, surprennent ou plaisent tout simplement. Cela l’a laissé de marbre, pas une seule fois, il n’a cliqué sur un « j’aime ». Serait-il froid, impassible à ce point ? Ou indifférent simplement ? Qu’attends-je pour le supprimer de ma liste ? Peut-être qu’il s’en aille après avoir constaté la vacuité de mes publications. Et puis, je me suis habitué à le voir assis à côté d’une pastille verte, désespérément muet. J’avoue que j’ai fait exactement pareil. Pas une seule fois je n’ai cliqué sur une de ses rares publications. On le voit très peu et il n’est pas très « photos » du tout. Nous nous sommes compris concomitamment, pas d’atomes crochus. On ne se connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, ni d’une image, ni d’un texte. Rien, sortis du néant comme le lapin tiré du chapeau d’un magicien sauf que nous n’attentions aucune surprise. Normal donc, c’est parfait.

Voyez, avoir une multitude d’amis n’est pas une bonne idée. Ça ne peut pas marcher, c’est du toc, du faux, du pipeau ! L’ami Facebook est un genre à part. Un concept nouveau, il ne faut pas confondre comme ami de foot, ami de piscine, avec ami tout court. En fait c’est une arnaque facebookienne, on nous a affublé d’un faux nom. Au début, c’était peut-être pour faire sympa, puis c’est devenu un peu citron, un peu acide. Un concept à la fois rassurant et dérangeant. Le bon équilibre pour mettre de la vie.

Pas de quoi se prendre la tête finalement. C’est clair. Cependant, je n’apprécie pas trop ceux qui prennent les choses au pied de la lettre, qui ne savent pas détecter le sourire, la pointe d’humour et qui s’embarquent dans un rétablissement strict des choses. Je suis dans l’éphémère et le dérisoire, d’ailleurs on peut le lire dans le propos qui se trouve en début de blog, je fais du vent. Eole rafraîchit ou fouette, décoiffe parfois et cela me convient.

Si vous saviez ce qui a déclenché l’écriture de ce texte ! Une bêtise comme d’habitude, vous vous en doutez. Je m’étais étendu sur le canapé pour reposer mes vieux os et profiter du moment qui précède l’endormissement pour gambader dans ce monde, les yeux clos. Je voyageais entre nuages et ciel, entre monts et rivières… les images me plaisaient et je souriais. J’avais posé mes bras sur la poitrine pour les détendre aussi et je m’imaginais vu d’en haut, un vrai joli cadavre apaisé. J’ai appelé ma femme et je lui ai demandé : « A quoi je ressemble ? » « A quelqu’un qui dort ! Me répondit-elle » Elle me connait, elle savait que j’allais encore lui sortir une extravagance, quelque chose d’inattendu comme j’aime surprendre… Je n’ai pas ouvert les yeux et je lui ai soufflé : « Je ressemble à un mort qui fait semblant de dormir. »

Très longtemps, j’ai été sérieux, rigoureux, mathématique, rationnel… trop sans doute. Aujourd’hui, je vis dans l’éphémère, le dérisoire, le gentillet, le sourire, le « je ne sais rien » et je veux très peu savoir. J’ai fini mon temps perdu, désormais je le gaspille, je le donne… J’ignore jusqu’où il m’accompagnera.

Imaginez que je sorte ma phrase du mort qui fait semblant de dormir sur Facebook…. Combien vont rire avec moi ?

La vie c’est ça, il faut de tout pour faire un monde. N’est-ce pas ?

Je vais garder mes « amis », les vrais, les faux, les semblants… je ne suis pas du genre à supprimer, la faucheuse le fait bien mieux que moi !

DSC_2785Fantômes.

 

 

 

Minolta DSC
Minolta DSC

Un rien les habille.

Cynorhodon et tomate percée par la larve de noctuelle (papillon de nuit)

Cri de douleur de la banane tranchée en rondelles.

3 commentaires

  1. Même si je ne puis , en toute humilité, mais surtout en toute lucidité, comparer mes errances sur FB avec vos délicieux entremots et vos facétieuses turbulences, je trouve que nous avons quelques points communs. Moi aussi je ne cherche à voire le verre à moitié plein, les plus infimes souffles de vie qui nous murmurent la beauté de ce monde. Il y a ceux qui ne répondent pas, même quand ils ont compris, et ceux qui ne comprendront peut-être jamais. Quelle importance, ils continuent à perdre leur temps. On doit arrêter de perdre son temps, j’imagine, quand on comprend que ce qui est important c’est d’être là, ici et maintenant, et d’apprécier ce qui est à portée de notre main. cela ne fait pas de nous des personnes futiles. Je regarde les informations, je me tiens informée, je vis à Paris, parmi des milliers de gens. Je constate dans mon métier d’enseignante beaucoup de problèmes qui n’auront pas toujours la meilleure solution. mais quand il m’arrive de voir des événements tragiques, intolérables, j’aimerais avoir la possibilité de m’envoler, aussi lègère qu’un petit oiseau. Alors je poste une photo d’oiseau, de fleur, un sourire, et il m’arrive, en effet, parfois, de m’envoler. Et quand je croise sur FB des gens qui comme vous ont ce supplément d’âme qui peut émouvoir par une violette, un soupir, un sourire espiègle, une âme d’enfant et des mots qui gambadent entre les souvenirs d’enfance, le fumet succulent d’une soupe de grand-mère, et les gloussements d’une basse-cour, je m’émeus jusqu’aux tréfonds de mon être, et même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, je sais que vous êtes un ami. je veux continuer à croire que ces partages ne sont pas vains, et qu’ils véhiculent beaucoup de puissants moments de plaisir.

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  2. j’ai fait une faute de frappe amusante « voir » le verre à moitié plein est devenu « voire » , comme » boire »!

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  3. Bonsoir Marie.
    J’avais compris, dans d’autres commentaires, tous les points que nous avons en commun. La sensibilité, le regard sur les gens et les choses, l’amour de la vie, de l’ici et maintenant… Le mot qui fait suite entre voir, voire et la connotation avec boire, sans doute une sorte de lapsus calami, montre bien à quel point vous êtes réceptive, sensible aux mots comme attentive aux autres. Je vous remercie pour votre suivi, c’est en lisant des commentaires sympas comme celui-ci que mon envie de poursuivre ce blog se perpétue. Je sais qu’il n’a pas une grande visibilité par rapport à d’autres mais il n’est plus strictement confidentiel comme à ses débuts, non plus.
    Je vous souhaite une bonne soirée.

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