Je ne croyais pas si bien dire…

Dans le texte précédent « Trop », je dénonçais cette vie un peu folle qui se joue à travers la communication débridée. On ne communique plus sincèrement ou en tournant sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Ce temps est révolu, tombé en désuétude. Aujourd’hui, il faut balancer, secouer, interpeller, moquer…

Il y a un peu plus d’un mois, j’ai décidé de prendre un peu de recul avec Facebook. Histoire de souffler un peu car j’avais tendance à me montrer trop présent. Certes cela peut-être agréable, à condition de bien doser ses interventions. Point n’est besoin de réagir sur tout ce qui frétille. Le réseau conduit bien son affaire. Je ne suis qu’un microbe, un minuscule individu perdu parmi des millions d’autres. C’était penser trop vite, Facebook est bien plus attentif qu’on ne le pense. Pourquoi est-il si pointu avec chaque individu aussi peu signifiant soit-il ? Quel besoin, par exemple, de m’avoir à l’antenne plus souvent ?

En vérité comme je suis resté connecté sans m’y rendre depuis un bon moment, des robots veillent sur moi (comme sur vous) et m’envoient des messages via ma boîte mail. Ils m’informent des mouvements qui se produisent sur ma page ou celle de mes amis. Souvent, ils m’annoncent banalité ou m’indiquent que quelque chose a bougé sur la page d’un ami, tout en restant énigmatiques. Du genre : « Un tel a publié une photo », « Vous avez vu la réaction de Machin sur la page de Machine ? » Ou encore : « Machine et Machin ont réagi à la publication de Machinette » Vous voyez bien la teneur, un peu commère qui attise la curiosité, de ces invitations à aller voir de plus près. Evidemment, comme la curiosité est une chose assez bien partagée dans le monde, on se laisse attraper. Ce n’est qu’à la deuxième arnaque qu’on commence à comprendre.

Qu’à cela ne tienne, les robots ont plus d’un tour dans leur sac à intelligence artificielle dont on se demande si elle ne surpasse pas celle naturelle. Ce matin, je recevais un message tentant : « L.G. a recommandé votre lien » suivi de près par « L.G. a publié une photo ». Quel lien ai-je publié ? Je n’ai rien posté de frais. Et puis, cette photo a-t-elle un lien avec mon lien ? Après une longue hésitation, j’ai fini par aller voir. Et vous savez quoi ? Le partage datait de trois ans. Il était bien réel mais vieux, déjà un vieillard. « Bien fait pour ton gueule! » disait une de mes copines anglaise. Notre orgueil est un point très sensible, les robots sans âme, pourtant, savent très bien quelle corde pincer. Mais pourquoi tiennent-ils autant à ma présence ? Voilà encore un trait d’orgueil, ils ne veulent rien, ils sont programmés pour cela, retenir le maximum de personnes et se fichent de qui vous êtes. Il ne faut pas se sentir visé. Mais, au fait, sont-ce vraiment des robots qui interpellent ? S’il s’agit de personnes préposées à cet effet, il faut reconnaître qu’elles sont d’une vigilance à toute épreuve. Les pauvres, nous tirant les oreilles et croyant bien faire, ne prennent-elles pas mauvais fil dans leur tête ? C’est pas bien ! Vous savez ce qu’est la liberté d’aller danser ou pas ? Bof, je m’en fiche et eux, robots ou personnes, aussi sans doute. Finalement, l’imbécile c’est moi, il suffisait de désactiver l’abonnement aux messages sur la boîte mail. Ces machins que l’on dit « réseaux sociaux » sont des trucs à rendre parano si l’on n’y prend garde.

Peut-être pensez-vous : « Mais pourquoi rester connecté ? » « Pourquoi ne pas se déconnecter le temps de l’absence souhaitée ? » Eh bien, tout simplement parce que je l’ai déjà fait et que sans raison connue, Facebook me reconnectait de temps en temps alors que je l’ignorais. Des amis me prévenaient par mail. En restant connecté, je n’ai pas l’impression d’une intrusion, c’est moins violent.

Je vous l’avais dit que ce monde devenait de plus en plus fou et peut-être ne sommes-nous qu’aux tous débuts d’une grande paranoïa. La folie nous guette, heureusement, il me reste les papillons…

Le sylvain, un papillon original dont vue dorsale et ventrale sont très différentes.

 

 

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