Petits mots et grands maux.

Qui n’a connu, dans les cours de récréation, les joutes verbales entre virtuoses de la langue bien pendue ? Ces bagarres d’expressions imagées qui n’abîment pas le portrait tout en aiguisant le trait d’esprit, celui qui va faire mouche afin que l’autre finisse par la boucler, à défaut de mettre un genou à terre. 

Tout le monde n’est pas spécialiste de la lutte à mots découverts et parfois le combat est déséquilibré. Lorsque le cracheur de bons mots, au verbe cinglant, s’oppose malencontreusement à l’indigent de la langue, on assiste à une joute inégale perdue d’avance par celui dont le carquois est vide de vocables. C’est alors, le poing qui prend le relais pour mettre un point final à la volée de bois vert…accompagné d’un  nez tout rouge.

La grande cour des politiciens n’est pas en reste. Lorsque les arguments viennent à manquer et que le danger de la défaite commence à poindre, les instincts de la récré remontent à la surface : « Notre coréen national, Jean-Vincent Placé, va avoir chaud aux plumes ! » s’esclaffe Alain Marleix député UMP.

Pris de court, notre écologiste qui n’était pas assez proche pour jouer de la castagne, saisira le procureur de Paris pour injures à caractère racistes.

Sa voisine de banc, Eva Joly file à la rescousse en dénonçant le grand danger qui guette la France entière : « Ce n’est pas une remarque ponctuelle, cela s’inscrit dans un contexte, ce que j’appelle la lepénisation des esprits, qui autorise cela, l’exclusion des autres. »

Rama Yade qui sommeillait depuis sa retraite de l’UNESCO sort de sa léthargie : « Je n’aime pas les propos qui divisent, qui mettent en cause les origines des uns et des autres. »

La camarade de classe Cécile Duflot réclame des excuses à Jean- François Copé et le PS profite de l’occasion pour s’associer à cette demande.

Copé s’est fendu d’un Twitt pour fustiger un peu Alain Marleix.

Finalement, le monde politique ressemble beaucoup à celui de la cour de récré.

On est à l’affût de la moindre verrue pour la grossir dans les prétoires afin que la France entière ouvre les yeux sur ce cancer qui ronge le pays.

Il fut un temps ou le maître d’école avait encore une autorité pour attraper ses ouailles par le col et les conduire tout droit au piquet. Ce temps est révolu, aujourd’hui, on peut juste les renvoyer dos à dos… mais pas plus.

Plaçons Jean-Vincent au premier rang pour qu’il n’entende plus les bons mots d’Alain qui rixe mal… c’est tout ce que je peux faire comme anagramme et merci pour le spectacle !

 

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